Hommage à Michel Leroux

Michel Leroux s’est éteint paisiblement le 24 décembre 2021 à son domicile de Nantes-en-Rattier. En trente ans d’enseignement au lycée de La Mure, il a marqué nombre d’élèves de son savoir, de son exigence et de son humour. Né en Normandie en 1941, sa vocation littéraire le fait passer par la khâgne du prestigieux lycée Henri IV, avant d’enseigner au lycée de Dieppe, où il rencontre Madeleine Casanova qui sera sa compagne jusqu’au bout. Affecté comme volontaire de l’aide technique au lycée de Nouméa, Nouvelle-Calédonie, il y prépare et réussit l’agrégation de lettres classiques. Revenus en métropole, Madeleine et lui sont nommés au lycée de La Mure ; ils y resteront jusqu’à la retraite.

À côté de son enseignement quotidien dans les sections les plus variées, Michel Leroux n’a jamais cessé d‘œuvrer pour une pédagogie de qualité. Ses deux recueils de commentaires composés, puis commentaires littéraires, publiés par le CRDP de Grenoble ont été des best-sellers, grâce à la clarté et à la rigueur de la méthode présentée pour cet exercice difficile entre tous. Contributeur fidèle de la revue Lire au Collège, il a participé à la création de Lire au Lycée, avant de publier, en réaction aux réformes successives réalisant « la destruction programmée de l’enseignement des lettres », de nombreux articles dans des revues telles Commentaires ou Le Débat, ainsi que son pamphlet De l’élève à l’apprenant, en 2007, et des Variations de A à Z en 2012. Une fois retraité, il a fait bénéficier de sa culture littéraire les cours de l’Université inter-âges du Dauphiné à La Mure.

L’enseignement n’était pas sa seule passion : sans parler d’abondantes lectures, notamment de vulgarisation scientifique, à côté du bridge, de la photographie dans son laboratoire, et du kayak sur les lacs ou sur les rivières du centre de la France, il a tâté du ski et du parapente ; mais Michel s’est aussi investi dans la vie associative, avec des cours d’alphabétisation et un engagement auprès d’Amnesty International, puis en secondant Madeleine Casanova dans la coordination et la relecture de Mémoire d’Obiou. Il a notamment enrichi notre revue des fortes pensées qu’on trouve en 4e de couverture, tirées de ses nombreuses lectures, ou parfois (maintenant, on peut bien le dire) directement nées sous sa plume.

Tous ceux qui l’ont connu de près ou de loin se souviendront d’un homme courtois, tolérant, à la conversation fascinante, et qui savait partager ses connaissances sans les imposer.

Alain Duc